Guatemala – le volcan Tajumulco

Guatemala – le volcan Tajumulco

Quand on parle de l’Amérique Centrale, on imagine souvent des plages de sable blanc, des animaux incroyables, un temps idyllique toute l’année, des hôtels splendides et pas chers etc. En somme, le paradis pour les vacances !

Mais comme partout dans le monde, il y a l’image que l’on se fait d’un pays, et ce qu’on y découvre une fois sur place, ce qui peut être radicalement différent. Ce fut le cas du Guatemala, nos premiers pas en Amérique Centrale.


Après notre traversée du Mexique (et un passage un peu compliqué de la frontière), nous passons la journée en enchaînant mini-bus et taxis pour arriver à Xela, deuxième ville du Guatemala (en taille) après la capitale.

 

Les abords de la ville ne sont guère attrayants (des champs qui ressemblent à des décharges publiques, une kyrielle de bâtiments délabrés ou pas finis). En revanche, l’hyper centre s’avère relativement joli et sympathique si l’on met de côté quelques aspects un peu inquiétants:

  • des gardes armés de fusils à pompe devant chaque distributeur
  • la grille constamment fermée de notre auberge pour éviter les agressions
  • les recommandations de notre aubergiste de rentrer avant la tombée de la nuit pour ne pas tomber sur des vampires et des loups-garous des personnes malveillantes qui s’en prennent aux gentils touristes etc.

Bon. La ville peut être hostile ok. Nous ne nous laissons pas refroidir pour autant (malgré une température en chute libre après les chaleurs du Mexique, 10°C grand maximum) : nous décidons de fuir partir pour un trek de 2 jours à la conquête du plus haut sommet d’Amérique centrale (rien que ça), le volcan Tajumulco qui culmine à 4200m d’altitude !

 

Tajumulco Guatemala

Pas particulièrement entraînés, Marjo un peu malade, on hésite quand même avant de se lancer. Le guide (fort sympathique, forcément) nous promet un trek en petit groupe, une vue extraordinaire, et finit de nous convaincre avec un prix raisonnable (800 Quetzales pour deux, soit 100 euros). Vendu !

Départ le lendemain matin à 5h (tant pis pour la grass mat’), équipés de nos sacs à dos alourdis de 4L d’eau chacun, de toutes nos affaires les plus chaudes (il paraît qu’il peut faire froid, tiens tiens) et armés d’une motivation sans faille.

Xela Quetzaltenango

Xela Quetzaltenango

Nous rejoignons notre guide et nos compagnons de trek: un couple israélien et un voyageur néo-zélandais. Après avoir réparti les victuailles dans les sacs à dos, nous embarquons dans un mini-van. Jusqu’ici tout va bien. Après 15 min de voyage, nous voici lâchés au milieu d’une fourmilière de Chicken Bus. Ah… les Chicken Bus !

Chicken bus guatemala

Explication :

Ces anciens bus scolaires nord-américains repeints de couleurs magnifiques sont la colonne vertébrale des transports en commun du Guatemala. Conçus pour transporter des enfants, à raison d’environ 30 marmots par bus, ils sont ici utilisés à leur plein potentiel: on met les bagages sur le toit, les animaux aussi, puis on entasse un maximum de personnes à l’intérieur.

PERSONNE n’est jamais laissé sur le bord de la route et quand le coude de votre voisin vous rentre dans les côtes, que votre tête est écrasée contre la vitre, vos genoux broyés par le siège devant (ces bus sont conçus pour des enfants, certes nord-américains, mais même sans personne dedans, ce n’est pas confortable pour un adulte) et que vous estimez à environ 100 personnes le nombre de passagers du bus, il semble parfaitement surréaliste de voir le bus s’arrêter pour laisser de nouveaux passagers se faire une place en jouant des coudes. Et pourtant c’est ce qui arrive.

Mais tout ceci, nous ne le savons pas encore ! nous embarquons donc avec d’immenses sourires dans le bus, ravis d’utiliser ce nouveau moyen de transport emblématique de la région.

3 heures après, nous débarquons fourbus par un trajet épique dans les montagnes. Nous voici à près de 3000m d’altitude, le soleil brille et il n’y a personne aux alentours. Le paysage splendide et la douce brise nous redonne du courage et nous attaquons l’ascension du volcan.

Tajumulco Guatemala

 

Après 1 heure de marche, nous commençons a ressentir l’altitude et le poids de nos sacs sur nos épaules. Il reste 3 heures d’ascension avant d’atteindre le camp de base à 4000m. Le souffle court, les épaules meurtries, nous nous encourageons mutuellement même si certaines pensées nous traversent l’esprit…. « Mais qu’est-ce qu’on fait là? On a fait 8h de bus hier, dormi 5h, fait 3h de Chicken Bus ce matin et on fait une randonnée en haute altitude avec nos sac à dos sans un soupçon d’esquisse d’entrainement?« .

C’est l’heure de la pause déjeuner ! OUF ! On souffle, on mange nos sandwichs en observant le panorama absolument fantastique qui s’offre à nous mais… Il y a un mais: un troupeau de nuages s’est lancé à l’assaut de la montagne… (suspens)

Tajumulco Guatemala

Notre guide nous explique que le temps change extrêmement vite et qu’il pourrait donc pleuvoir bientôt: il faut se remettre en route afin d’atteindre le camp de base avant la pluie.

Tajumulco Guatemala
Les deux dernières heures de marche de la journée sont dures, très dures ! Ajoutez à ceci le fait que notre guide est malade (!), la sérénité qui nous habitait commence à s’envoler.

Après avoir souffert comme jamais pour faire le moindre pas, nous finissons par arriver au camp de base! Premier 4000m pour Marjo, première fois que nous voyons des arbres à 4000m et… première fois qu’il faut monter des tentes et faire du feu à cette même altitude où rien n’est facile.

Tajumulco Guatemala

Tajumulco Guatemala

A peine le dernier piquet planté et les premières flammes allumées, l’invitée surprise fait son entrée: la pluie se joint à nous pour la soirée. La nuit tombe rapidement et après avoir dîné, nous nous installons pour dormir. Malgré la fatigue et le bruit de la pluie qui nous berce, le froid nous empêche de passer une bonne nuit. De toutes façons, nous étions prévenu, la nuit ne serait pas complète: en effet afin d’arriver pour le lever de soleil au sommet, le réveil a été réglé à 3H du matin
Groggys, nous entamons l’ascension finale à la lumière de nos lampes frontales: le souffle court, chaque pas nous coûte énormément d’énergie, il faut se concentrer pour poser nos pieds au bon endroit et plus nous montons, plus le vent se renforce et nous glace. Les maux de têtes commencent à se faire sentir à cause du manque d’oxygène mais les premières lueurs de l’aube nous encouragent à continuer d’avancer.
Les derniers pas nous amènent dans un paysage lunaire: à notre droite le cratère béant du volcan et tout autour de nous, des pierres volcaniques ainsi que de la poussière. Le vent souffle tellement fort qu’il nous faut nous tenir aux rochers pour ne pas perdre l’équilibre.

Tajumulco Guatemala

Tajumulco Guatemala

Nous tournons le regard et… nous sommes bel et bien au sommet le plus haut d’Amérique centrale: il n’y a pas une montagne qui semble nous arriver à la cheville.

Tajumulco guatemala

La beauté surréaliste de ce panorama est encore renforcée par le fait que nous distinguons ces montagnes uniquement grâce aux lueurs orangées de l’aube qui dessinent leur profil dans un ciel encore clairsemé d’étoiles. Autant vous dire que les maux de têtes et les difficultés sont instantanément balayés par le plaisir indescriptible d’être arrivés et de contempler ce paysage. Il ne nous reste plus qu’à attendre que le soleil se lève, là-bas au loin derrière les montagnes. Les étoiles s’éteignent les unes après les autres, le monde noir blanc et orange commence à prendre des couleurs, les appareils photos se déchainent et les sourires sont étirés jusqu’aux oreilles. Le soleil se lève et réchauffent nos esprits mais pas nos corps car le vent semble se renforcer à chaque instant!

Tajumulco Guatemala

Nous avons une chance extraordinaire car il n’y plus un nuage dans le ciel et nous pouvons voir à des kilomètres à la ronde. Une fois le soleil levé, nous décidons de rebrousser chemin afin de prendre le petit déjeuner. C’est en se retournant que nous sommes témoin à nouveau d’une vue incroyable: le volcan projette son ombre en forme de cône parfaite sur la vallée. Tout simplement extraordinaire.

Tajumulco Guatemala

Dire que cette expédition a été dure n’est pas un euphémisme. Mais la récompense a été largement à la hauteur des difficultés surmontées et les souvenirs que nous en gardons nous accompagnerons longtemps.

C’est d’ailleurs le souvenir de cette expédition qui nous a aidé à nous motiver pour un certain nombre de superbes randonnées que nous avons fait par la suite.

DONC si jamais vous choisissez le Guatemala pour vos futures vacances, on ne peut que vous recommander de partir pour le Tajumulco !

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